14 ouvrières tuées dans une usine de briquets à Hébron

Le 21 octobre 1999, 14 femmes sont mortes dans un terrible incendie qui s’est déclenché dans une usine de briquets d’Hébron. Cette usine se trouvait dans trois magasins, avec trois portes, mais une seule de ces portes était utilisée comme entrée principale, les autres étaient bloquées et ne pouvaient pas être ouvertes. Ces locaux se trouvaient dans un quartier d’habitation de la ville d’Hébron. Comme les pompiers municipaux n’ont pas pu faire leur travail, le feu pouvait être éteint par l’armée israélienne qui avait proposé son aide, mais les israéliens ont été bloqué pendant 15 minutes cruciales hors d’Hébron par la force 17. L’incendie a été éteint par des Israéliens, mais seulement après la mort de quatorze femmes. Les femmes étaient complètement carbonisées, elles ont été inhumées dans une fosse commune, car il était impossible d’identifier et de reconnaître les corps.

Quiconque serait passé par là aurait pensé que ces magasins étaient fermés. Personne n’aurait pu imaginer que ces trois magasins étaient utilisés par des femmes pauvres comme usine. Les seuls qui le savaient étaient les voisins, qui ont parlé plusieurs fois avec le propriétaire de l’usine sur le danger de ce travail et sur la sécurité des employées, toutes des femmes. Plusieurs fois, des débuts d’incendie et des explosions ont eu lieu dans cette usine.

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Manifestation à Hébron en 1999, sur la banderolle le nom des 14 ouvrières mortes dans l’incendie

Cette usine avait une licence de la municipalité d’Hébron et du Ministère de l’Industrie de l’Autorité Palestinienne. Devant les locaux de l’usine de briquets, il y a une grande usine de produits chimiques de nettoyage, qui a contaminé tout le quartier. A Hébron, il suffit d’être riche pour pouvoir tout faire sans avoir de problèmes. Le maire de la ville, Mustafa Al-Natsheh, et son oncle, Salah Al-Natsheh, possèdent deux usines rue Wadi Al Toffah, au centre de la ville.

La ville d’Hébron est pleine d’usine situées au cœur des quartiers d’habitation, sans qu’aucune loi civile ou sanitaire ne protège les gens.

Le 22 octobre 1999, dans une déclaration claire, les citoyens d’Hébron se sont adressés au conseil municipal. Ils l’accusent d’être responsable de l’incendie et de la mort de 14 femmes qui y été employées. Les rues étaient remplies d’une foule en colère qui manifestait devant les locaux municipaux et a jeté des pierres sur le bâtiment.

Lorsque j’ai tenté d’entrer dans la mairie, le fils du maire, Omar Al-Natsheh, m’a jetée en bas des escaliers. Heureusement, un autre homme m’a rattrapée avant que je tombe. J’aurais pu mourir si personne ne m’avait rattrapée.

Après le terrible événement qui a causé la mort de 14 ouvrières, l’Autorité Palestinienne a déclaré qu’un comité mènerait une enquête sur les circonstances de leur mort. Mais comme d’habitude, ce comité, comme tant d’autres comités « d’enquête », n’a débouché sur rien.

Je suppose que c’est parce que les responsables de cette tragédie sont membres du conseil municipal ou du ministère de l’industrie. C’est suffisant pour camoufler la vérité sur cet événement.

Lorsque des personnalités importantes de l’Autorité Palestinienne sont en cause, les lois peuvent être violées si nécessaire. C’est la triste réalité de mon pays, un pays dont les structures sont basées sur la violation des droits humains et qui est dirigé par des gens corrompus.

Kawther Salam,

Article publié par « Al-Hayat Al-jadedah » (22 octobre 1999)

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~ par libertefemmespalestine sur novembre 6, 2006.

 
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