Le martyre de Gaza continue

Après une opération militaire longue de six jours, l’armée israélienne a fini par se retirer, le 7 novembre au matin, de Beit Hanoun, une ville de 30000 habitants, au nord de la Bande de Gaza, laissant derrière elle plus de soixante morts, trois cents blessés et un champ de ruines.

Mais quelques heures après que les unités et les chars israéliens se furent positionnés à l’extérieur de la ville, l’artillerie a de nouveau bombardé Beit Hanoun, faisant dix-huit morts, dont quatre femmes et quatre enfants.

«L’armée israélienne a tiré sur tout ce qui bouge», déclarait un habitant de la zone encerclée. Pris sous les bombardements, les tirs de roquettes et de fusils M16, les habitants ne voyaient plus la fin de ce déluge de feu. Une manifestation de femmes palestiniennes a été prise pour cible, le 3 novembre, alors qu’elles avaient entrepris de libérer plusieurs dizaines de combattants encerclés par l’armée dans une mosquée du quartier.

Une des justifications avancées par l’état-major israélien à ce massacre organisé et désigné sous le nom bucolique de «Nuages d’automne» était de mettre en échec les positions militaires palestiniennes d’où étaient tirées les roquettes artisanales visant des zones israéliennes proches de la frontière nord de Gaza.

Mais la presse israélienne, elle, a invoqué d’autres motivations, certainement plus proches de la réalité. Citant plusieurs commentateurs militaires, les journaux Maariv et Yediot Aharonot ont expliqué que les opérations à Gaza ont pour objectif d’entraîner l’armée israélienne en vue de la «grande opération» qui pourrait être mise sur pied pour laver le dernier affront libanais; une «opération d’entraînement», en quelque sorte, en zone urbaine, au cœur d’une ville surpeuplée.

À travers cette opération au «succès» d’autant plus facile que l’adversaire n’était guère en mesure de riposter, il pourrait aussi s’agir, pour l’homme de droite Olmert et le travailliste Peretz, auxquels a récemment été adjoint l’homme d’extrême droite et le raciste notoire Lieberman, de rétablir en Israël l’image d’un pouvoir fort, dans la situation de crise politique rampante que connaît le pays.

Mais le seul résultat visible de cette politique criminelle, c’est la désolation qui règne dans les quartiers pilonnés par Israël, où les rues sont éventrées, les canalisations d’adduction d’eau et d’égouts hors d’usage, les immeubles effondrés, les pylônes abattus. La situation des habitants, catastrophique depuis que dure le blocus imposé par Israël, avec la complicité des grandes puissances occidentales, après l’arrivée du Hamas au gouvernement, s’est encore aggravée depuis le début des opérations israéliennes.

Plus d’eau, plus d’électricité, plus de nourriture. Mais, pour la population palestinienne, combien cela représente-t-il de degrés supplémentaires sur l’échelle du désespoir et de la haine contre l’occupant?

Viviane LAFONT, Lutte Ouvrière, 10 novembre 2006

~ par libertefemmespalestine sur novembre 10, 2006.

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