Pétition pour la liberté de circulation en Palestine

Plusieurs associations israéliennes de défense des droits de l’homme viennent de présenter devant la Cour suprême une pétition (1) exigeant l’annulation de la directive militaire limitant la liberté de circulation et de transport en territoire palestinien occupé. La directive, signée en novembre dernier, est actuellement suspendue en attendant une décision de la Cour suprême, le 12 février prochain.

« Nous aussi, nous avons atteint ce niveau » : cette phrase directement reprise du texte de la pétition en dit long sur le sentiment profond de ses signataires sur la politique de leur gouvernement en Cisjordanie occupée. Leur mobilisation actuellement vise à faire annuler une directive militaire interdisant en substance aux Israéliens et aux Palestiniens de voyager dans les mêmes voitures sur les routes de Cisjordanie, sauf s’il s’agit de parents proches ou d’un Palestinien muni d’un permis spécial.

Ce qui revient à créer des situations kafkaïennes pour les couples mixtes (déjà bien éprouvés par la suspension de la loi sur la réunification familiale), un Israélien pouvant voyager, par exemple, dans la même voiture que sa soeur mais pas de son beau-frère sauf autorisation. Les étrangers et des Palestiniens travaillant dans des organisations internationales ne sont pas censés non plus voyager ensemble dans les territoires occupés sauf permis. Pour les militants israéliens exigeant l’annulation de la directive, celle-ci viole les droits de l’homme et les lois internationales et vise par ailleurs à faire de tout civil israélien, notamment les militants pacifistes, « un agent actif de cette discrimination » alors que tout Palestinien ne s’y pliant pas risque d’être traduit devant une cour militaire israélienne.

Dans les catégories dispensées de permis, on trouve notamment les ouvriers palestiniens travaillant en Israël ou dans les colonies… éclairant donc, souligne le texte, la « relation entre les esclaves et leurs maîtres », dans la plus pure « tradition des régimes ségrégationnistes ». Et de dénoncer dans ses dix-huit pages « le renforcement du contrôle d’un groupe national sur un autre » et le « processus de légalisation d’une discrimination institutionnalisée, méthodique et délibérée » qui est la « définition légale de l’apartheid ». La pétition rappelle qu’en quarante ans d’occupation, c’est la première fois qu’une telle mesure est édictée, en insistant sur son caractère aussi immoral qu’archaïque. Au-delà de toute argumentation sécuritaire, cette directive remet en cause, pour les signataires, l’essence même du « concept de notre humanité commune ».

(1) Parmi les premiers signataires : Yesh Din, Association des droits civils en Israël, Gisha, Machsoum Watch, Bimkom, Physicians for Human Rights, Hamoked (centre pour la défense de l’individu).

Valérie Féron, l’Humanité, 25 janvier 2007

~ par libertefemmespalestine sur janvier 26, 2007.

Une Réponse to “Pétition pour la liberté de circulation en Palestine”

  1. […] Pétition pour la liberté de circulation en Palestine (L’Humanité, 25-01-07) […]

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